Le Musée de l’Homme s’infiltre dans notre peau

Le Musée de l’Homme s’infiltre dans notre peau

Une visite à l’exposition « Dans ma peau » au Trocadéro nous a donné l’envie de partager avec vous nos découvertes. Savez-vous que la peau est l’organe le plus étendu du corps humain ? Il fait 2m2 . La peau est composée de plusieurs couches qui communiquent entre elles, et se régénère en 28 jours. Bien que souple, résistante et imperméable, elle est sensible et mérite toute notre attention.

La peau a une architecture complexe faite de nombreux composants : couche cornée, épiderme, derme… ces couches successives communiquent entre elles grâce aux différentes cellules qui sont présentes dans la peau.

Couleur de peau

La couleur de peau vient surtout de pigments, les mélanines, situés dans l’épiderme où les mélanocytes les produisent. Une combinaison unique de mélanines pour chaque individu, génétiquement héritée des parents. La couleur de la peau a évolué pour s’adapter à notre environnement, c’est à dire se protéger contre les UV et produire de la provitamine D essentielle.

Toucher

La sensibilité du toucher n’est pas la même pour tout le monde. Près de 600 000 récepteurs sensoriels du toucher et au moins 200 000 thermorécepteurs – sensibles à la température – sont présents dans la peau. Ces récepteurs varient en nombre selon la zone du corps : rares dans le dos, ils sont plus nombreux sur les mains et au bout des doigts.

Réactions de la peau

Notre peau fait office de filtre lorsque nous sommes en contact avec le monde extérieur : soleil, vent, eau, température, bactéries, virus et pollution. Selon les agressions, elle réagit immédiatement. L’épiderme est un bouclier très efficace malgré sa fine épaisseur : de 0,05mm pour les paupières à 1,5mm pour la plante des pieds. La peau n’en reste pas moins à protéger avec soin, notamment lors d’une exposition au soleil.

UV

Le soleil envoie sur notre peau des rayons appelés UVA et UVB, dont il faut se protéger. Les UVA pénètrent plus profondément dans la peau que les UVB. Ils atteignent le derme, et altèrent le collagène et l’élastine, ce qui provoque une baisse de l’élasticité de la peau, et un vieillissement prématuré. Les UVB ne pénètrent que dans l’épiderme. Ils stimulent la production de mélanine, qui protège la peau des rayonnements solaires. La mélanine absorbe 70% des rayonnements UV. Il existe deux types de mélanine : l’eumélanine et la phéomélanine. L’eumélanine protège, la phéomélanine ne protège pas.
Les peaux foncées ont beau être naturellement plus protégées, si elles sont exposées à un rayonnement trop intense, elles risquent aussi des coups de soleil. Protéger la peau du soleil est essentiel : cela atténue l’empreinte du temps et prévient les risques liés à l’exposition aux rayons, tels que les brûlures, les allergies et les tumeurs. Pensez donc à hydrater votre peau et en prendre soin.

Chaleur

Vasodilatation et sudation permettent au corps de se libérer de la chaleur interne. L’homme maintient ainsi la température de son corps autour de 37 degrés, quelque soit la région du monde où il vit. Transpirer est indispensable. En moyenne, une personne perd de 0,6 à 1L de sueur par jour.

Froid

Pour que la température interne du corps reste constante, les thermorécepteurs alertent le cerveau, qui indique aux vaisseaux sanguins de se contracter. Cela limite les échanges entre la peau et l’extérieur.

Eau

Notre peau est recouverte d’un film protecteur composé de sébum et de sueur. Ce film évite la déshydratation cutanée. Il a un effet imperméable qui empêche de modifier notre équilibre physiologique lors d’une douche.

Une défense contre les agressions extérieures

Au dessus de la couche cornée, on observe une couche de milliards de micro-organismes qui participent à la défense de notre corps contre les agressions extérieures. C’est le microbiote. Depuis 10 ans, de nouveaux micro-organismes ont été découverts par les chercheurs, qui travaillent à comprendre le rôle précis de ces derniers. Le microbiote varie d’une personne à une autre, ce qui en fait une véritable carte d’identité. Sa découverte permet d’expliquer des odeurs corporelles, des irritations à la surface de la peau, les effets secondaires de certaines substances… Un équilibre entre les micro-organismes indique une bonne santé. Quand l’écosystème rencontre des perturbations, les bonnes espèces ne parviennent plus à repousser les mauvaises et les effets sont visibles sur la peau.

Les cosmétiques

Depuis des lustres, toutes les sociétés soignent leur peau. Chaque culture a développé ses propres rituels de soin en utilisant les produits que la nature proche offrait : graisses animales, baies, fruits et graines d’arbre, huiles diverses au Maghreb, en Inde, en Afrique centrale, beurre de karité en Afrique de l’Ouest, de cacao à La Réunion… Aujourd’hui, on crée des cosmétiques et des filtres solaires qui permettent de protéger la peau.

Reconstruire la peau

Les recherches récentes ont permis de préciser l’architecture complexe de la peau, ce qui a conduit notamment à la reconstruction de peaux humaines vivantes. En comprenant mieux son fonctionnement, on peut reconstruire des modèles physiologiques pour élaborer des traitements et produits adaptés. Avec l’imagerie, il est possible de voir les couches de la peau sans la pénétrer.
La peau est le premier organe fonctionnel à avoir été reconstruit. Reconstruire des peaux vivantes permet d’étudier en laboratoire les mécanismes naturels sur les différents types de peau, sans avoir recours à des biopsies. À partir des années 1970, la recherche sur la reconstruction de la peau a débuté pour soigner les grands brûlés. Depuis 1979, date à laquelle le premier épiderme a été reconstruit, la science a fait des progrès.

Comment reconstruire une peau ?

Aujourd’hui, des banques de cellules permettent de reconstruire des peaux simplifiées. Pour reconstruire une peau, il faut fabriquer au préalable une banque de cellules, à partir d’un prélèvement de peau humaine. La peau reconstruite aujourd’hui reproduit les mêmes mécanismes biologiques que ceux de la peau naturelle de notre corps : croissance et renouvellement, couleur… Elle est toutefois simplifiée et ne possède pas de vaisseaux sanguins ou de follicules pileux par exemple.

Pourquoi reconstruire une peau ?

C’est important d’être capable de reconstituer des organes tels que la peau. On peut ainsi tester les différentes approches de cures et de traitements, précise Axel Kahn, médecin chercheur en génétique. C’est utile notamment pour une reconstruction de meilleure qualité qu’une simple greffe de peau fine et fragile, pour les grands brûlés ou les victimes d’autres accidents. Cela permet aussi d’étudier une variété de maladies, en particulier génétiques. Enfin, la recherche permet d’étudier l’efficacité d’un cosmétique ou d’un autre produit sur la peau. C’est quand même mieux que d’utiliser les animaux… La peau contient aussi des poils. Si on veut vraiment la reconstruire pour l’étudier et pour certains usages médicaux, nous devons être capables de restituer toute sa complexité, explique Axel Kahn.

Perspectives d'avenir

L’ingénierie cutanée a donc permis la reconstruction de modèles de peaux, presque aussi fonctionnelles qu’une peau humaine. Il y a des pistes d’avenir selon différents objectifs. Reconstruire des peaux, puis des organes par la bio-impression 3D en est un. Utiliser la peau comme détecteur de signaux de sa santé grâce à des capteurs connectés en est un autre. Ceux-ci serviraient à mesurer les UVA et UVB, la pollution atmosphérique et les pollens pour donner des recommandations à leur porteur. Ou encore profiter du microbiote cutané pour maintenir la peau en bonne santé au fil du temps et des agressions environnementales.
On vous invite à aller visiter cette exposition ludique et interactive, qui nous plonge dans un univers invisible à l’œil nu…

Informations pratiques :

Dates : du 13.03.2019 au 03.06.2019
Adresse : Musée de l’Homme – 17 place du Trocadéro – 75116 Paris
Source : Musée de l’Homme, Exposition « Dans ma peau » .

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