Les barbus sont peut-être aussi des gamers

Les barbus sont peut-être aussi des gamers

On a tous un ami gamer, ou un enfant, voire un parent. Le gamer comme on l’imagine, qui ne bouge plus de chez lui et ne quitte son PC que pour aller dormir, est un stéréotype. L’esport s’est démocratisé. Sa définition selon l’association France Esports : l’ensemble des pratiques permettant à des joueurs de confronter leur niveau par l’intermédiaire d’un support électronique, essentiellement le jeu vidéo, et ce quel que soit le type de jeu ou la plateforme. Aujourd’hui, les gamers se comptent en centaines de millions. Si bien qu’ont carrément émergé des tournois nationaux et même internationaux. Fortnite, le célèbre jeu de battle royale, prévoit sa coupe du monde pour bientôt.

Un sport de compétition

Les confrontations en esport se déroulent sur internet ou en réseau local. Elles peuvent prendre la forme de compétitions organisées et réglementées soit par des communautés de joueurs, soit par des associations ou des sociétés d’événementiel, soit par les éditeurs de jeux. Certaines compétitions sont diffusées en direct sur internet : en Occident, Twitch.tv a un quasi-monopole sur le marché. Le principe : les streamers diffusent leur partie en ligne et les internautes peuvent réagir en live via des commentaires. La communauté Twitch se décompte en millions.

Revenons aux compétitions : les vainqueurs de ces tournois, qui mobilisent de réelles compétences physiques et mentales, remportent un titre, une coupe, des lots, souvent de matériel informatique, ou des pécules allant de quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines de milliers de dollars. Les meilleurs joueurs sont généralement affiliés à des teams qu’ils représentent lors des compétitions. Associatives ou privées, amateures ou professionnelles, elles peuvent proposer une prise en charge de frais, voire une rémunération des performances. Fortnite tiendra donc sa coupe du monde le 13 avril, date à laquelle commencent les phases de qualification, jusqu’au 28 juillet, le jour où la grande finale prendra fin.

L'univers "Battle Royale"

Un battle royale, c’est un jeu où plusieurs joueurs se retrouvent sur une carte truffée d’armes et qui se réduit petit à petit. Le but est de trouver les meilleures armes et de liquider les autres joueurs, tout en restant dans les limites toujours plus étroites de la carte, pour devenir le dernier survivant.

Devenus soudainement très populaires, les battle royale ont vu un premier jeu rayonner dans le domaine : PlayerUnknown’s Battlegrounds ou PUBG pour les initiés, édité par PUBG Corporation. Dans ce jeu, 100 joueurs sont parachutés sur une île et doivent tuer leurs ennemis, en s’aidant d’équipements et d’armes, le but étant d’être le dernier survivant. Lancé en mars 2017, PUBG connait un succès immédiat, six mois avant la sortie de Fortnite Battle Royale.

250 millions de joueurs

Epic Games, l’éditeur de Fortnite, annonce avoir dépassé les 250 millions de joueurs actifs dans le monde. Le jeu domine clairement l’univers des battle royale. Fortnite a battu son aîné en terme d’audience, propulsé par sa prise en main très simple et ses graphismes cartoonesques : armes extravagantes, personnages originaux, textures façon pâte à modeler, pas une goutte de sang et des pas de danse qui sont devenus des classiques. Antoine Griezmann, fan avéré de Fortnite, s’est ainsi attaché à les reproduire après ses buts.

La prochaine étape pour Fortnite, c’est donc de se tourner vers l’esport, les tournois de jeux vidéo. Sa simplicité, sa grande communauté de joueurs et sa popularité chez les streamers en font un jeu idéal pour les compétitions. Cent joueurs en solo et 50 équipes en duo participeront à la finale de la coupe, à New York les 26 et 28 juillet. Trente millions de dollars seront mis en jeu : soit au moins 50 000 dollars par joueur qualifié. Et je ne parle pas du vainqueur qui gagnera 3 millions de dollars.

Zoom sur League of Legends

Mais le jeu le plus présent actuellement en compétition, ça reste League of Legends (LoL), même s’il compte deux fois moins de joueurs que Fortnite, soit entre 100 et 120 millions. Déjà pas mal, vous me direz. Le jeu a plus de bouteille : son projet a été lancé en 2006, il est sorti il y a 10 ans. On lui trouve des analogies avec Warcraft – développé par Blizzard – ces mondes fantastiques où des orcs, des elfes, des humains et des morts-vivants s’affrontent par équipes avec des armées, ou des héros seuls bataillent comme sur certaines parties en ligne telles que « X Hero Siege ». On s’est penché sur le principe de League of Legends, puisque vous savez-quoi ? Le fondateur du barbier les Thermes de Lutèce y a beaucoup joué.

LoL : le principe

Le principe : des héros qui s’affrontent sur un terrain. Des champions formant deux équipes, sur une map aux allures féeriques et fantastiques. Une partie dure de 30mn à une heure. Le but du jeu, c’est de détruire l’ennemi et sa base. On choisit un héros unique avec des pouvoirs spécifiques, parmi les 143 champions disponibles. Ces derniers sont répartis en six classes : les tanks, les combattants, les tueurs, les mages, les contrôleurs et les tireurs. D’ailleurs, 11 des 143 champions de LoL sont barbus : Gangplank, Gragas, Graves, Olaf…

Personnages

Parmi les tanks, il y a les gardiens et les initiateurs. Les gardiens sont de véritables remparts, ils disposent d’une capacité élevée de protection contre les attaques et amortissent les coups, mais ne génèrent pas de dégâts notoires. Tandis que les initiateurs sont des tanks offensifs qui portent les coups. Les combattants, champions de mêlée, se consacrent à la génération de dégâts au milieu d’une attaque. Les tueurs, fragiles champions de mêlée, sont agiles et capables d’éliminer rapidement une cible. Ils viennent plutôt en support pour achever l’ennemi. Les mages sont des lanceurs de sorts défensifs qui protègent leurs alliés et créent l’opportunité d’attaque. Les tireurs, enfin, sont excellents dès qu’il s’agit d’infliger des dégâts faibles et constants à distance. Thierry, fondateur du barbier Les Thermes de Lutèce, jouait un tireur.

Tout un langage

Plus on joue à League of Legends, plus on débloque de personnages. Mais pour ça, on peut aussi payer : c’est le modèle free to play. Le niveau du héros évolue au sein même d’une partie de 0 à 30, un gain en robustesse et en puissance. Ce level évolue en fonction de la performance du champion pendant la partie, c’est-à-dire des dégâts infligés à l’autre équipe. Souvent, les écarts de niveau entre les deux équipes font la différence pour permettre de remporter une victoire. Plus le héros est fort, plus le joueur a de chances de gagner la partie, et ça va crescendo. Lorsqu’on termine une partie de LoL, le champion reçoit des points selon sa contribution à l’effort de guerre. On a interrogé une gameuse, qui nous renseigne sur le jargon de LoL :

gamers barbus
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LoL vu par le fondateur du Barber Shop

« Ce que j’apprécie dans League of Legends, c’est que la durée des parties permet de ne pas consacrer toute sa journée à ça. Le fait de jouer avec des adversaires en réseau donne une dynamique supplémentaire, il y a une forme de travail en équipe, de stratégie. On se parle quand on joue, des échanges vocaux ou écrits. Le caractère international du jeu permet aussi de parfaire ses connaissances en langues étrangères, globalement l’Anglais étant la langue officiellement parlée. » À 40 ans passés, le fondateur du barbier parisien passait de nombreuses soirées sur son PC à combattre l’ennemi. « J’ai choisi un personnage, Ashe, qui était extrêmement fragile mais pouvait infliger des dégâts très conséquents à distance. Ce qui est intéressant, c’est que c’est un personnage très délicat à jouer. Et puis, Ashe est assez sexy », confesse-t-il.

Si ce jeu a tant de succès, c’est aussi parce que sa compréhension évolue avec la communauté. Nicolas Laurent, le PDG de Riot, éditeur de League of Legends, s’inspire de Facebook. Parce qu’il n’y a pas de Facebook 2 : le géant des réseaux sociaux a lancé son site et il continue de l’améliorer. « On voit le jeu comme un game as a service », précise Nicolas Laurent. « Ce n’est pas un produit qu’on lance, mais un service que l’on améliore en suivant la réaction des utilisateurs. » Les gamers font ainsi évoluer les jeux. A quand votre première partie de LoL ? Découvrez le trailer de la saison 2019…

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Sources : Le Monde, www.france-esports.org, Europe1, League of Legends, Twitch.tv, www.millenium.org, Les Echos, Youtube.

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