Les grimpeurs sont partout

Les grimpeurs sont partout

Avez-vous déjà escaladé un mur ? Pour certains, ça remonte à l’école. Pour d’autres, c’est presque un mode de vie. Début 2017, on voit émerger des salles dédiées à ce sport au cœur de Paris. La première de la capitale, Arkose Nation, ouvre ses portes en janvier. Étendu sur 1000m2, ce lieu était à l’origine une manufacture de blouses d’écoliers. Aujourd’hui, il abrite plus de 200 blocs renouvelés en permanence. Et ce n’est pas le seul endroit où on peut profiter des murs : on a aussi testé Blocbuster Courbevoie et ses dévers magnifiques, Antrebloc à Villejuif avec ses voies plus hautes, Arkose Massy et ses nombreux parcours, Arkose Montreuil, MRoc Part-Dieu à Lyon… et il nous reste à découvrir les salles Block’Out, MurMur, parmi tant d’autres. Parce que c’est un sport, qui comme tout sport, est bon pour la santé, mais aussi parce qu’il est ludique et véritablement stimulant. Entre adrénaline et sensations, l’escalade fédère de plus en plus de passionnés.

C’est quoi, un bloc ?

Le bloc est une paroi de 4,5m de hauteur au maximum, qu’on peut grimper sans s’assurer puisqu’on retombe sur un épais tapis au sol après la chute. C’est une façon amusante de s’initier à l’escalade. En salle, vous pouvez emprunter des parcours différents selon votre niveau. Chaque salle d’escalade a son propre code couleur pour les prises, des plus faciles aux plus difficiles. Du jaune au violet, à Arkose Massy, on passe par le vert, le bleu, le rouge, le noir. Le jaune convient bien aux débutants, qui rapidement peuvent prétendre aux vertes, dont la difficulté n’est pas non plus des moindres.

En escalade libre, on utilise un système de cotations pour évaluer la difficulté des voies. Ici, aucune aide artificielle pour progresser, seulement les prises qu’offre la paroi rocheuse. Ces cotations se composent d’un chiffre allant de 3 à 9 selon le niveau, d’une lettre de « a » à « c » définissant le degré intermédiaire du niveau, enfin d’un + qui indique une difficulté supplémentaire. Ces guides appelés « topos d’escalade » sont bien pratiques pour les débutants, et donnent des indications sur la taille des prises, leur nombre, leur espacement, la présence de dévers… la notation est établie par les grimpeurs eux-mêmes, pour permettre à leurs pairs d’entreprendre une voie en connaissance de cause.

Entre stratégie et force

Dans une salle d’escalade, on croise aussi bien des novices que des graines de champions, qui se balancent avec tactique et légèreté d’une prise à l’autre. Parce que c’est un sport qui exige de la stratégie. Lorsqu’on entre dans une salle d’escalade, on voit de nombreux grimpeurs faire des gestes un peu étranges avec leurs bras. En fait, ils sont en train d’élaborer un plan pour parvenir au sommet du bloc. L’équilibre est aussi important, on pose parfois les pieds sur des prises qui font à peine un 1 cm ! Travaillez votre souplesse : les prises sont parfois espacées au point qu’on se retrouve presque en grand écart. Un certain tonus est indispensable au grimpeur, qui doit souvent se gainer pour s’élancer, et saisir d’une main ferme une prise qui se trouve bien loin de lui. L’escalade développe beaucoup de facultés, et c’est, selon Jérémy Bonder, l’un des grimpeurs français les plus reconnus, un des seuls sports « où l’on tient notre poids corporel sur le bout des doigts. » Ne soyez donc pas étonnés si vos mains ne ressemblent à rien après une première séance.

Toute une ambiance

Quand on entre dans un complexe d’escalade, on en ressort plusieurs heures après. Si les salles proposent des restaurants et bars éthiques, parfois des espaces saunas, des zones de chill ou même des expositions d’artistes, on y retrouve aussi une atmosphère unique. L’entraide entre les grimpeurs est permanente. Rares sont les sportifs qui, dans une salle de bloc, se munissent d’écouteurs et se lancent dans les parcours en solo. Damien Marchi, jeune parisien passionné de grimpe, l’explique bien : « si un grimpeur voit un novice galérer, il va assez naturellement venir l’aider, sans que celui-ci ait même besoin de demander. »

En compétition

Oui, il y a des compétitions nationales d’escalade. Aux championnats de France 2019, les participants ont quatre passages d’escalade différents, et 4 minutes pour aller au bout de ces passages. Mais avant ça, ils ont pu avoir quelques minutes d’observation pour décoder. Car encore une fois, grimper un bloc, ça ne s’improvise pas. Fanny Gibert arrive en première position des championnats de France de bloc 2019 féminins, avec son homologue masculin Jérémy Bonder. Vous pouvez visionner les exploits de nos champions de la grimpe ici, en zappant les 3 premières minutes :
Si vous n’êtes pas grimpeur, vous êtes peut-être gamer ? Découvrez notre article sur l’esport.
Sources : 20 Minutes, l’Équipe, nation.arkose.com, RedBull.com, lemag.adrenactive.com, YouTube.

Laisser un commentaire

Fermer le menu